Triste fantôme

T

Voilà qu’une force invisible me traverse. Je la sens comme un triste fantôme  vibreur d’ondes négatifs à continuité tendue, insuffleur de mots noircis sur page blanche humaine. Ce n’est pas là sa première visite. Le spectre est un visiteur familier des lieux.

Cette fois, l’accès lui sera difficile. J’ai une ombre froide collée sur l’epiderme mais je lui ferme mentalement portes et fenêtres. Je ravive le feu de la cheminée. J’allume la radio de mon cœur. Ça sent bon la petite confiance en soi à l’odeur de bois brûlé. Je rajoute une musique personnelle, confectionnée dans les jours de fin d’été. Je lui lance un sourire sucré fait maison.

Le bougre semble insensible à ma protection de chaman improvisé puis, sans crier gare, renonce et s’en va. Il promet de revenir plus vite que je ne le pense. Je hausse des épaules mais cache au plus profond de moi une crainte. Je savoure malgré tout. Victoire sans public mais tout mon moi applaudit.

1 commentaire

  • Très belle page toute pleine de poésie et de choses plus prosaïques. Tu rends magnifiquement bien en peu de mots ce combat contre un esprit visiteur tenace. On pressent en effet qu’il n’a pas dit son dernier mot.

Par Enrím

Enrím

Né à Paris en 1990, il paraît que je sens bon la forêt sauvage. Je travaille dans le monde du droit mais j'aime bien passer mon temps libre dans le monde tordu de l'imaginaire pour en arracher des pensées, des histoires, des notes, des poèmes.

Je suis aussi ici