Les Vies d’Estelle(s)

L

19. Des drôles de bruits

On pouvait entendre des drôles de bruits, plutôt inconnus à l’oreille. Ces derniers étaient réguliers et plutôt pas déplaisants à écouter. On pouvait même croire à une sorte de petite musique en boucle. Les notes étaient aigues puis graves. Elles semblaient avoir leur propre signification. Elles se produisaient dans des intervalles bien définis.

Il y avait un homme. Il possédait une barbe, à la fois longue, drue et épaisse, et qui cachait son visage pâle et fatigué. Les yeux injectés de sang, les paupières lourdes, l’homme dormait peu et mal. Ses vêtements, froissés et poussiéreux, laissaient deviner que son propriétaire n’était pas du tout soucieux de son apparence.

Les lieux dans lesquels il évoluait étaient quasiment plongés dans l’obscurité. Seules quelques lumières, blanches et artificielles, émanant ici et là, dévoilaient l’existence d’un appartement qui n’avait pas été entretenu depuis longtemps.

Toute l’inquiétude du monde se lisait dans les yeux de cet homme. Il ne parvenait plus à contacter sa partenaire. Ils s’étaient pourtant mis d’accord sur un protocole strict et, jusque-là, elle l’avait suivi à la perfection. Il s’était passé quelque chose de grave.

L’homme glissa une main dans ses cheveux mal entretenus. Jamais il n’avait été aussi loin. Il ne pouvait pas connaître de nouveau l’échec. Si ça devait se reproduire, il devrait alors tout recommencer et cela lui ferait perdre un temps considérable. Or, du temps, il n’en avait plus. Il l’avait déjà calculé.

Si jamais elle(s) apprenai(en)t la vérité, tout serait alors fini.

Il ne lui restait plus qu’une chose à faire. Et sa partenaire en avait parfaitement conscience.

Il devait agir, et vite.

Enrím

Il paraît que je m'égare souvent dans la forêt de mes rêveries. J'aime passer mon temps libre dans le monde sauvage de l'imaginaire pour en arracher des pensées, des histoires, des notes, des nouvelles, des poèmes.

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