\\ Le Vagabond \\


\\ Les Portes \\

Je nous voyais marcher sur deux bandes, l’une grise, l’autre blanche.

Je nous sentais pas habillés de la même façon. Je nous observais, je remarquais que nous portions un épais pull en laine bordeaux mais également une légère tenue bleue.  J’appréciais pour nous le bruit de nos chaussures contre le bitume, le silence de nos pieds nus en contact du sol souple. J’étais certain que nos pas n’avaient pas la même force, les uns étaient plus sûrs que les seconds. Nos démarches étaient rapides et lentes à la fois.

Je regardais de nos yeux des bâtiments et des murs défilaient de part et d’autre. Un premier soleil se couchait au loin tandis qu’un second se couchait à travers une fenêtre. Des enfants agités se jetaient de la neige à la figure tandis qu’un vieil homme masqué passait à son rythme.

Tout cela sentait bon le dehors du dedans.

Je contemplais le temps qui nous frappait. Nous étions dans des minutes-secondes, Je le savais pour notre compte à la montre sur mon bras gauche, au cadran fixé à ma droite.

J’aurais pu nous interroger ce que nous faisions, à être chacun de notre côté, à ne pas se réunir, à se faire des promenades interminablement brèves. Je me disais que cela aurait été plus simple pour nous au lieu de se compliquer à pratiquer ce jeu. Mais je n’avais pas les temps pour nos deux moi de nous interpeller.

J’étais témoin de notre entrée dans un immeuble dans la continuité du couloir. Je nous visualisais monter un escalier en colimaçon en avançant à l’horizontal.

Je nous vis nous arrêter subitement devant des portes. Bleue et blanche. Je sentais nos cœurs pour la première fois s’unir. Sur-le-champ, c’était remonté. Ces accès qui allaient et repartaient. Oh… mes têtes ! Allions-nous pouvoir tenir… ?

J’étais pourtant dévoré par nos faims de savoir. De savoir ce qu’il avait derrière… tant pis si nous devions ne plus revenir, il me fallait que nous sachions.

Nos mains identiquement différentes se posèrent sur les portes. Il me fallut nous les caresser longuement dans un instant court, si ce n’était l’inverse. Je nous croyais pas leur existence. Elles étaient pour là. Et elles ne disparaissaient pas. Les poignées étaient là pour que je les ouvre pour notre compte. Il ne m’en fallut pas plus pour que nous les tournions.

Les portes blanches-bleues et bleues-blanches s’entrebâillèrent…

Je nous retrouvais dans un salon, une chambre. S’il était riche en détails, elle était pauvre de banalités. Je nous trouvais un tableau dans lequel était dessiné une colline aux tâches rouges à côté duquel était posé sur une étagère un petit morceau d’astéroïde dans son emballage d’origine, si ce n’est un blanc identique à tous les autres, plongé dans un silence rompu par des bruits réguliers aigus.

Je savais que nous n’avions pas d’autre choix que de nous voir avancer, de découvrir un petit insecte épinglé dans un cadre entre deux livres sur l’astronomie, alors que tout plein de machines nous cernaient.

Je nous étais à peine rentré dans ces pièces que je nous sentais troublé par les lumières au-dessus de nous, de la lampe suspendue en forme d’étoile qui nous réconfortait à l’ampoule au contour commun singulier qui déclinait et qui nous ne rassurait pas.

Que devions-nous dire de cette figurine représentant un roi taillé dans le bois posé sur la table dans tous ces bouquets de fleurs ? De cette photo de mer brisée par terre en contraste d’un lieu si rangé ?

Il y avait un piano.

Je nous ordonnais de poursuivre. Je nous dirigeais comme deux démons sur un pavé rouge. Je ne pouvais qu’entendre de nos oreilles la neige et la pluie tomber en même temps.

Alors nous avancions. Oh… je nous fixais comme si j’avais propulsé nos chairs dans les cieux et enterré nos âmes dans les souterrains.

Il nous a fallu savoir. Je nous obligeai.  

Il y avait ici et là deux corps.

L’un était par terre.

L’autre sur un lit.

Je nous poussais à enquêter. Je devais nous connaître l’identité de ces deux personnes…

Je nous poussai un cri que nul n’entendit.

Elles avaient la même apparence.

L’une était baignée dans son propre sang, l’autre alimentée par des machines.

L’une convulsait dans la douleur, l’autre était plongée dans une souffrance moins visible.

L’une appelait à l’aide dans une voix qui s’éteignait, l’autre, immobile, laissait le silence crier pour elle.

L’une avait les yeux ouverts, l’autre les avait fermés.

Mais tous deux avaient les yeux verts.

Identiques aux nôtres.

Je nous découvris mon visage sur les deux corps.

Nous étions eux.        

Une main nous agrippa. Invisible mais bien présente. Elle nous agrippa les épaules. Elle nous tint sur place. Nous sûmes à qui elle appartenait.

 Elle nous attendait depuis le début mais nous étions partis. Nous avions cherché à revenir mais nous n’y parvenions pas. Elle avait pris son mal en patience. Maintenant, elle était là.

Pour nous.

Pour moi.

La vérité.

 

\\ D’un côté \\

 

C’était l’hiver. Noël s’approchait.

Il avait beaucoup neigé… c’était devenu si rare !

Nous avions marché toute la journée dans les rues de Paris.

Je m’étais émerveillé devant un plaid vert et tu me l’avais offert.

Nous étions rentrés à la nuit tombée par les quais de Seine, heureux comme pouvaient l’être deux hommes.

Dans l’appartement, j’avais ouvert le frigidaire. Il était vide. Il fallait faire des courses. Je m’étais porté volontaire.

De retour, chargé de sacs, j’ouvris la porte bleue.

Elle n’était pas fermée mais il était dans nos habitudes de ne rien verrouiller à clé. Elle était cependant entrebâillée. Ce détail aurait dû m’alerter à ce moment-là.

J’aurais dû m’en soucier.

Je ne l’ai pas fait.

Je m’étais dit que j’avais oublié de la claquer en partant.

– Je suis rentré ! m’exclamai-je.

J’entendais l’eau couler.

Tu prenais ton bain.

Tu ne pouvais pas m’entendre.

Alors tu ne m’avais pas répondu.

J’aurais dû m’inquiéter.

Mais je ne l’ai pas fait.

J’avais tout rangé puis je nous avais servi du vin rouge. Celui que tu aimais.

Et j’avais attendu sur le canapé.

Attendu.

Attendu…

Ne te voyant toujours pas revenir, j’avais alors ouvert la porte qui nous séparait…

… et tu n’étais pas là.

L’eau coulait dans la baignoire qui était remplie à ras bord et qui avait débordé.

Il y avait de l’eau partout.

La fenêtre était grande ouverte.

Je ne comprenais pas.

J’allais fermer le robinet lorsque je me sentis propulser en arrière dans le salon. Un homme était là mais ce n’était pas toi, mon amour. C’était un parfait inconnu. Très grand. Il était aussi très costaud. Ses yeux étaient perçants…

Il s’en était suivi une bagarre dans la confusion la plus totale.

Le combat avait été inégal. En très peu de temps, il avait eu le temps de me mettre plusieurs coups de poings au visage. J’avais répliqué du mieux que je pouvais mais je ne lui faisais rien. Et il en avait rigolé.

Il était si fort… c’était forcément quelqu’un qui avait l’habitude de se battre.

J’avais saisi le premier objet qui m’était venu, le cadre posé sur la table. Celui-ci s’était brisé en mille morceaux au visage.

Il avait alors sorti un couteau.

Il me le planta profondément à deux reprises : une première fois dans le torse, puis dans le ventre.

Je m’étais effondré au sol.

J’avais alors entendu au loin des sirènes.

L’assaillant également.

Alors il s’était enfui.

Et je m’étais retrouvé seul.

J’avais tenu le plus longtemps possible.

J’avais crié… avec tout ce qui me restait comme force.

Puis plus rien.

 

\\ De l’autre \\

 

Je me dévisageais. J’étais devant et dans le lit. Dans un hôpital. J’avais beaucoup maigri. J’étais blanc. J’étais surtout incapable de faire quoi que ce soit.

J’étais branché de partout par un nombre incroyable de fils. Je dépendais de plein d’appareils qui me tenaient artificiellement en vie. Ils émettaient des bip… lents. Je me demandais même si j’étais encore humain.

Je vis une petite fille dormir sur une chaise…

… c’était ma sœur ! Mon dieu ! C’était elle ! J’aurais reconnu sa brouille entre mille !

– Hey… ma lionne… je suis là…

J’avais hurlé mais je m’entendais murmurer.

bip…

Ma lionne… tu m’entends ? C’est moi… Vivien…

Elle dormait à poings fermés. J’entendis son petit ronflement qu’elle avait de si mignon… j’avais le cœur remué dans tous les sens.

– Je t’en supplie… réveille-toi…

Mais elle ne bougea pas.   

bip…

Je voulus la saisir dans mes bras mais je la traversai.

J’ouvris grand la bouche.

J’étais un fantôme.

Soudain, une force invisible me tira en arrière.

Non… pas tout de suite… pas maintenant ! Pas après tout ce que j’avais fait ! J’étais revenu, j’étais là ! Je ne pouvais pas échouer ! Il fallait que je me réveille !

– Bouge ton cul… Vivien… ouvre tes yeux…

Mais je n’y arrivais pas.

bip…

Ouvre… tes… putain… de… yeux !

bip…

tutu…

Une des machines émit un bruit différent des autres… il était plus aigu. Plus accéléré également.

tutu… tutu…

Je vis ma sœur se remuer.

– Ma lionne… reviens à toi… si moi je n’y arrive pas… toi tu peux…

Mais la mystérieuse attraction me jeta à nouveau en arrière, plus violemment.

Je m’étais éloigné un peu plus de ma petite sœur.

… tututu… tututu…

Non… je suis si près de vous retrouver… non…

Tout-à-coup, quelque chose se matérialisa entre mes mains. J’avais beau être un spectre, ça resta entre mes doigts… c’était mon carnet.

Je le parcourais… il était rempli de mes aventures.

… tutututu… tutututu… tutututu…

Je compris ce qu’il me fallait faire.

Je le lâchai par terre.

Puis, je me sentis me propulser en arrière. Je ne pouvais plus rester.

Je le savais.

Je crus entendre crier mon nom.

Je disparus.

 

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