Le Monde du Dehors

L

(note n°4)

« Chaque nuit, je chasse. Ce n’est qu’au coucher du soleil qu’on peut mettre le nez dehors et respirer plus ou moins convenablement. L’absence du soleil, et donc de la chaleur, fait diminuer le gaz. Le jour, il faut se couvrir tout le visage et espérer qu’il ne fera que quarante-cinq degrés celsius. Je suis certaine que même en enfer il fait meilleur. Je n’ai pas d’autre choix que de partir entre minuit et quatre heures du matin. Heureusement suis pas seule. J’ai six hommes et une autre femme pour m’accompagner. Notre but ? Trouver tout ce qui peut nous être utile. De la nourriture, des vêtements, des médicaments. Les armes ? Elles se font bien rares. La France n’a jamais voulu doter ses citoyens de ces choses là, contrairement aux Amerlocs. Pas sûre que notre groupe serait aussi gros si c’était le cas. C’est peut-être un mal pour un bien, qui sait ? Heu… qu’est-ce que je disais déjà ? Ha, oui, la chasse. Toutes les nuits, on espère trouver le bon filon, un peu comme des chasseurs de trésor. Il nous arrive souvent de revenir bredouilles mais parfois on a des belles surprises. Notre plus grosse prise ? Une maison à quelques kilomètres de là. Quelqu’un avait entassé chez lui une tonne de boîtes de conserves, comme s’il avait prévu le coup. Curieux, hein ? Quoi qu’il en soit, on avait tout rapporté dans la Grotte et la communauté nous avait applaudi comme si on avait remporté les jeux olympiques. On était fiers et on se sentait heureux. Alors, chaque nuit, je chasse, et je garde ce beau souvenir en tête. Je cherche pour nous de quoi vivre mieux. »

Enrím

Né à Paris en 1990, il paraît que je sens bon la forêt sauvage. Je travaille dans le monde du droit mais j'aime bien passer mon temps libre à être tordu en imaginant des histoires, des notes, des poèmes, et écrire sur des sujets qui m'entourent et me traversent.

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