(expérience n°3)

(

Attention, cette publication contient la suite d'une histoire ! Si vous n'avez pas lu les chapitres précédents cliquez ici.
Pour ne pas vous faire divulgâcher l’histoire de La Manufacture de l’Onirie, parcourez l’onglet Des Histoires dans le menu ou cliquez directement ici.

J’ai dans les mains un bouquet de fleurs, tu sais, des belles roses acacias comme tu les aimes.

Je frappe doucement à la porte… je rentre. Je revois la petite chambre blanche.

Tu es à nouveau allongée sur ce lit noyé de coussins. Ces derniers défient toutes les couleurs pouvant exister puisqu’elles ne se trouvent qu’ici.

Tu sembles avoir été délicatement déposée là par quelques mains, attentives et soigneuses. Elles devaient être trop effrayées par l’idée de te bousculer ne serait-ce qu’un tout petit peu.

Ta chevelure blonde, toujours aussi si volumineuse, si abondante, s’éparpille un peu partout autour de ta tête. Tu es un soleil qui rendrait aveugle toute personne qui oserait contempler ton si beau visage à la peau nuage de lait.

J’ai beau revenir à chaque fois, je reste pétrifié par ton regard émeraude foncé. Il est fixé sur la fenêtre ouverte.

Une légère brise se glisse dans la pièce. Je sens un parfum sucré de printemps doux.

As-tu tourné la tête dans cette direction pour profiter de cette fraîcheur ? Ou est-ce pour mieux voir ce qu’il y a derrière la fenêtre ?

Au-delà de la fenêtre, un moineau s’est posé sur la branche d’un chêne. Il pousse son sifflement joyeux. Il fait sa toilette. Il réajuste les plumes de son corps fragile à l’aide de son petit bec.

Est-ce pour mieux voir ce joli spectacle de mère nature que ton regard s’est figé à travers la fenêtre ?

Au-delà des feuilles de l’arbre, la ville, grande et belle, s’anime. De temps en temps, elle laisse apercevoir une voiture. Elle est pressée et roule vite. Elle est poussée par le temps qui passe.

Est-ce pour mieux voir la vie des hommes stressés que ton regard s’est figé à travers la fenêtre ?

Au-delà des bâtiments, un ciel au feu d’or s’écarte pour laisser entrer l’imposant soleil. Ses rayons sont puissants, brûlants. Il souhaite montrer au monde que, sans lui, celui-ci ne serait rien.

Est-ce pour mieux voir la prétentieuse étoile que ton regard s’est figé à travers la fenêtre ?

Est-ce pour mieux voir ce qui t’attend après la vie que ton regard, figé à travers la fenêtre, s’est éteint ?

Un bouquet de fleurs – des belles roses acacias comme tu les aimais – tombe sur le sol.

Je ne m’y ferai jamais de t’avoir perdue.

Par Enrím

Enrím

Né à Paris en 1990, il paraît que je sens bon la forêt sauvage. Je travaille dans le monde du droit mais j'aime bien passer mon temps libre dans le monde tordu de l'imaginaire pour en arracher des pensées, des histoires, des notes, des poèmes.

Je suis aussi ici