Des flots

D

De tout cet amour, n’en reste que des flots qui t’emparent, te tirent et te poussent, là où bon leur semble.

Nage, mon grand, nage. Les vagues salées qui roulent sur ta gueule te font croire qu’il faut que tu retrouves le rivage, qu’il sera bon pour toi de marcher sur le doux sable chaud. Cette terre, cette bulle, qui t’apporte un sentiment de réconfort n’est qu’un leurre. Elles sont bien trop nombreuses, bien trop puissantes, pour que ton petit cœur si chahuté puisse y faire quelque chose. Elles ne veulent que te voir te fatiguer davantage et mourir à petite eau. N’oublie pas, les vagues, on ne les a qu’en superficie. Alors, fais ce que la survie ne te pousse pas à faire : ne prend pas pied.

Coule, mon grand, coule. Sans te noyer. Oublie les règles et les principes si propres à ta condition humaine. Ecoute plutôt l’animal qui veille sur ton âme, que tu as si longtemps négligé. Rallume dans ton sang épais cet instinct primitif. Scrute, renifle, grogne même. L’environnement n’est pas hostile si tu sais t’en servir. Alors, sers t’en. Chasse ce qui peut être chassé. Fais en sorte que la pêche soit bonne. Dans cet océan de sentiments, tu n’es pas la victime mais le prédateur.

Vis, mon grand, vis.

Par Enrím

Enrím

Né à Paris en 1990, il paraît que je sens bon la forêt sauvage. Je travaille dans le monde du droit mais j'aime bien passer mon temps libre dans le monde tordu de l'imaginaire pour en arracher des pensées, des histoires, des notes, des poèmes.

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