Accro/c

A

Logés dans cet espace noir,
La douce nuit d’été soupire,
Comme moi, et le vent, bavard,
Cache mes bruits de vampire
Devant ton corps de lune
Si chaire à mes crocs.

Possedé par une faim opportune
Ta peau en sucre m’appelle
J’ai, dans mon appétit de gros,
Ta viande servie dans une gamelle.
Je ne désire pas… je dois manger !
Devant moi, tout me plat.

Je ne peux plus te résister
Alors j’attaque, je te prends les bras
Je les plaque haut et loin
Je suis ta bête, tu es ma proie
Le crime parfait, aucun témoin
Je te souris le regard affamé.

Je te parcorps en langue
Ton physique est un voyage
Je m’aventure en boomerang
Ma salive en guise de tatouage
Je suis mâle dans ta peau
Et j’avance mes canines.

Mes envies sont désordres
Être d’humeur caline
Mais t’attaquer au ventre
Comme aux pieds, mordre,
Frôler ton antre,
Assimiler ton odeur…

Puis je remonte et t’embrasse
D’un baiser de toute douceur
Je te griffe à en laisser des traces
Je te sens contre moi excité
Alors je te fais douce violence
Je me livre à l’état brut.

Je descends en transe
Je t’engloutis droit au but
Ton bâton ensorcellé
Ne me fait pas peur !
J’ai une envie de magie noire
Qui ferait bondir ton cœur.

Je te retourne sans crier gare,
Je te veux encore et en corps,
Je te lèche le long du dos
Puis je descends au rebord,
M’attarde comme un cadeau…
Je te deballe comme ça m’emballe.

Je veux te faire sentir toute mon ardeur
Alors je te montre ce que je trimballe
Découvre en toi cette délicieuse chaleur
Qui me prend comme je te prends
Je me colle contre toi, bel homme,
Et dans un plaisir immense, j’entreprends.

Je vais et je viens dans mon royaume
Je suis ton souverain, tu es mon fidèle,
Mon asservi, tu es mon protégé,
Je te veux habitant de ma tour de Babel
Je t’entends crier, je me sens si excité,
Puis vient le moment de me libérer.

Je me retire, je regarde tes yeux allumés,
Je scintille à mon tour, je te veux serré
Alors je t’agrippe contre moi, ma lumière,
Puis je te projette ma voie lactée
Et retombe contre toi, sur Terre…
… Nous deux dans cette nuit d’été.

Par Enrím

Enrím

Né à Paris en 1990, il paraît que je sens bon la forêt sauvage. Je travaille dans le monde du droit mais j'aime bien passer mon temps libre dans le monde tordu de l'imaginaire pour en arracher des pensées, des histoires, des notes, des poèmes.

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