\\ L’Océan \\

Il existait, au-delà des pays, un océan de nuits avec de véritables morceaux de jours dedans. Un mélange de ténèbres perdues, de lumières retrouvées.  Il y naissait des vagues, grandes, puissantes, monstrueuses, prêtes à noyer le Monde, et qui mouraient, petites, faibles, magnifiques, en une minute dans le silence le plus total. Son eau sentait le sel mais son goût était sucré. Son murmure me criait de venir en lui pour me protéger et me noyer. En y glissant violemment mon pied, je pouvais sentir le sable et pourtant j’étais persuadé que l’eau était infiniment profonde.

J’étais en pleine fascination. Effroi. J’avais dans ma grande peur la courageuse envie de me jeter dedans. Cette eau était une mère qui m’accueillait les bras ouverts avec un couteau dans les mains. J’étais certain, mais jamais sûr, qu’en y plongeant je tomberais là-haut et monterais en bas.

Que je m’aveuglerais d’étoiles chaudes dans une froide obscurité.

Que je m’asphyxierais d’oxygène.

Que je me souviendrais d’oublier.

Que je vivrais dans la mort.

Mes sentiments n’étaient qu’un reflet de ce que cet océan était.

– Que dois-je faire ? demandai-je à ma couverture d’un ton inquiet, le visage calme.

– Absolument tout et parfaitement rien, me répondit-elle.

Sa réponse absurde fut logique.

Ma réaction, contradictoire.

Je (ne) pris pas la cape et (ne) partit (pas).

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