\\ Le Contresens \\

Soudain, je vois le goût, je mange le son, j’entends l’odeur, je touche la couleur… je sens mes sens de travers.

Je suis arrivé vite. Trop vite. Le contrecoup m’a mis à contresens. Je ne sais plus ce qui va avec quoi. J’ai su. L’oubli me fait pourtant mémoriser, et j’échappe mes sentiments en les retenant. Ce qui part me revient violemment avec douceur.

J’entends tes lèvres qui sonnent fraise à mes yeux. Je touche le goût de ton sourire qui pianote. Je grignote ta voix qui sent l’amour. Tu me retournes, je suis tordu. Je me noue à ce qu’il reste de nous. Je m’accroche à un ciel qui était tes yeux. Je me ligote à une douceur qui était ta peau. Je m’attache à de la vanille qui était ton odeur. Je me retiens à un rire qui était ta voix. Je m’attrape à toi qui habille si bien mon cœur.

J’ai la mélancolie dans la bouche, ça me fait voir bleu. Je renifle la tristesse qui me palpe.

– Tu vas bien ? me demanda la cape.

– Je me sens dessus dessous.

– J’ai été trop rapide… désolé. La téléportation peut avoir des effets secondaires.

– C’est bon… c’est passé.

– « Toi oui mais toi ? ».

– Cette conversation n’a aucun sens.

La cape m’enveloppa de tout mon être. On resta silencieux un moment.

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