Et l’eau montait

Et l’eau montait, montait, montait. Je la sentais me grimper.

Je ne voulais pas la voir, je ne voulais pas y croire, je ne voulais pas.

Et pourtant elle était là, elle me touchait les pieds. Elle clapotait et je l’ignorais.

Et l’eau montait, montait, montait. Je la sentais m’escalader.

Elle était présente, froide, omniprésente.

Je voulais qu’elle disparaisse, qu’elle trouve une sortie et s’écoule.

Et l’eau montait, montait, montait. Je la sentais m’envelopper.

Elle me touchait les genoux, elle me ralentissait, elle abîmait mes murs.

Je souhaitais qu’elle s’épuise, qu’elle me laisse tranquille, que je puisse retrouver mes mouvements.

Et l’eau montait, montait, montait. Je la sentais m’envahir.

Elle atteignait ma poitrine, puis très vite à la limite de mon cou.

Je ne pouvais plus faire grand chose si ce n’était de la regarder impuissant.

Et l’eau montait, montait, montait. Je la sentais me tuer.

Elle était au dessus de moi. Je l’avalais à plein poumons. Elle était en moi comme j’étais en elle. Je ne pouvais plus que l’accepter. Et je l’acceptais.

L’eau ne montait plus. Je ne la sentais plus. Je flottais dans une étrange tranquilité. J’étais désormais au dessus de tout. Je me sentais léger. Mes pensées les plus noires étaient désormais noyées, perdues à jamais dans les profondeurs.

Tout était fluide.

J’étais l’eau.

 

Poster un commentaire...

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.