Ce n’est que moi

Ce n’est que moi, amour. Je ne fais que passer. J’ai trouvé un moyen de descendre, je ne me suis pas gêné. Je n’étais pas très copain avec les règles ici, je ne vois pas pourquoi j’aurais fait pareil là-bas.

Je dis « descendre » mais je ne sais pas vraiment quel mot je dois employer. Si ça se trouve, je suis « monté ». Ou alors j’ai « basculé » de l’autre côté. Ou bien encore j’ai « traversé » un espace multi-dimensionnel. Quoi qu’il en soit, je suis là.

Je ne saurais jamais te décrire cet endroit. Mon français n’est pas assez riche. J’ai bien peur qu’aucune langue humaine puisse m’aider. Ça se sent, surtout. Ça se module en fonction des sentiments. Quand je suis heureux, tout ce qui m’entoure n’est que des choses que j’aime. Quand je ne le suis pas, tout m’horrifie. L’environnement ne serait qu’un reflet de mon âme ? Parfois, j’ai des échos d’autan. Dans d’autres moments, des images qui viennent d’ailleurs. Tout est logique. Contradictoire. Attirant. Effrayant. Chaud. Froid. J’aimerais te conclure « la vie, quoi » mais tu sais aussi bien que moi que ce n’est pas possible. Sauf si elle ne fait que continuer sous une autre forme, finalement.

Là-bas, le temps ne s’écoule pas. Je me vois comme je suis parti, la blessure en moins. Je n’ai pas faim. Je ne suis pas fatigué. Je pèse plus rien. Je me sens fantôme sans l’être. Les sentiments restent.

Je croise parfois des gens mais leur regard est vide. Peut-être plus conscients d’eux-mêmes que des autres. Pourquoi ce serait différent pour moi ? Parce que je suis tout frais, un p’tit nouveau qui vient d’arriver ? Mon humanité pourrait s’effacer petit à petit ? Est-ce que j’ai tout faux et, en réalité, ils peuvent parfaitement me voir mais je me fais dupé ? Peut-être qu’il existe un système qui nous empêche de rentrer en contact, comme si là-aussi il fallait qu’un ordre soit établi ?

On parle de moi, on parle de moi… mais toi ? Tu me sembles avoir un peu vieilli depuis mon départ.  Comment ressens-tu ma présence ? Suis-je une voix dans ta tête ? Une chaleur au fond de ton cœur ? Une odeur ? Un souvenir ? Une vision ? Est-ce agréable ? Insupportable ?

Tu vois, j’ai plus de questions que de réponses.

Une chose est sûre, tu me manques.

L’illustration a été trouvé sur Tumblr mais son auteur n’a pas pu être identifié.

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