\\ La Colline Rouge \\

La cape me protégeait tant bien que mal de la tempête qui s’était levée depuis peu. La poussière dansait avec aisance dans mes cheveux, mes yeux et sans doute aussi dans un poumon ou deux, à ma façon de cracher le peu d’air que j’osais inspirer.

Je ne pouvais rien voir mais je pouvais tout entendre. Tout n’était que vacarme dans une obscurité totale.  Le souffle me tapait si fort dans les oreilles que j’avais souhaité malgré moi que la saleté me les bouchent entièrement, quitte à ce que je devienne à jamais sourd.. j’avançais de toutes façons déjà à l’aveugle.  Je cherchais dans la pénombre en tâtant du bout de mon intuition. Mes mains cherchaient désespérément à s’accrocher sur la moindre chose qui aurait pu passer près d’elles. Je sentais que je montais en pente.

Soudain, mes doigts touchèrent un rocher. Je m’y agrippai comme un fou avant de m’agenouiller. Je le serrai fort contre moi pour m’empêcher de pleurer.

« Hey, tu te sens bien ? », essaya de me demander mon tissu vert.

Mais le vent emporta tous ses mots, contrairement à tous mes maux. La tristesse était rentrée dans la chambre de mon cœur puis s’tait confortablement installée dans le lit de tout son long. J’étais saisis de violents sanglots et je peinais à les contenir. J’aurais fait couler de chaudes larmes si mes yeux n’avaient été pas été aussi secs. Une grande nostalgie m’animait et je voulais que tout s’arrêt. Solide comme un roc ? Tu parles…

La cape réalisa ce qui m’arrivait.

« C’est le rocher », me lança-t-elle. « Le touche plus ! »

– Hein ? quoi ?

J’avais pas compris ce qu’elle me disait.

« Décroche-toi de là ! »

Il me fallut un effort monumental pour me remettre debout et m’éloigner du bloc. Mes pensées les plus sombres s’envolèrent aussitôt. Je n’avais pas fermé les yeux mais j’eux l’impression de les ouvrir. Comme si j’avais cauchemardé en plein réveil. La pierre avait abîme mes mains.  Je restais un long moment dans cet état second avant que la tempête se calme pour finir finalement de se lever. Un soleil, un peu trop près à mon goût, régnait dans un ciel magnifiquement bleu et sûr que sans ma couverture aux propriétés magiques j’aurais fini en charbon.

Je constatai alors que je me retrouvai au beau milieu d’une colline, entourée d’un champ de fleurs à en couper le souffle. Elles étaient en excellente santé et la poussière n’en avait pas abîmé une seule. Je m’étonnais d’une telle présence de vie à cet endroit en raison du climat relativement hostile à tout être de vie. La terre était plus que sec et je n’étais pas certain que la pluie tombait souvent à cet endroit.  Elles ressemblaient à des acacias mais plantées directement dans la terre. Elles étaient de couleur rouge.

Rouge sang.

Je regardai alors mes paumes colorées et je fus saisis d’horreur. Elles s’étaient nourries de mon plasma !

Le rocher était certainement un absorbeur qui les permettait de les nourrir en laissant couler le liquide par le sol.  Pire: il rendait fou de désespoir quiconque osait le toucher. Et vu comment ces plantes étaient resplendissantes, le chemin devait être finalement assez fréquenté…

 Qu’est-ce qui me serait arrivé si ma cape ne m’avait pas sorti à temps ?

Sans vraiment vouloir trouver une réponse à cette question, un frisson remonta l’axe de ma colonne vertébrale. Je m’enroulai dans le tissu que je bénis une fois encore, prononçai une formule et disparus aussitôt.

L’illustration a été trouvée sur Tumblr mais son auteur n’a pas pu être identifié.

  1. Chapardeur dit :

    C’est une bien belle nouvelle. Merci.
    Quelques petites fautes ici et là mais dans l’ensemble c’est un carmin de sentiments qui tiennent en quelques lignes. Une nuance à peine décelable comme l’est l’enduit des cathédrales. Sans lui, tout s’écroule. Sans ton style, cela ne tiendrait pas plus.

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